Des rondes médiévales et paysannes aux pavanes aristocratiques de la Renaissance, des contredanses citadines du XVIIIème siècle à la mode des orchestres "typiques" dans le Paris des années 1920, des couples enlacés du bal musette aux rois solitaires du dancefloor, ce quinzième café musical aura été l'occasion de voir que les formes prises par la danse, au cœur même de la fête, étaient bien souvent le reflet de structures sociales, traduisant en gestes les relations entre l'individu et le groupe.
Si le groupe IAM dresse une chronique nostalgique des boîtes marseillaises, le MAP revendique l'héritage métissé des bals populaires, tandis que, loin des clubs, le mouvement des free parties dresse ses sound-systems en s'inspirant des Zones d'Autonomie Temporaire théorisées par Hakim Bey au tournant des années 1990.Pour finir, un clin d’œil au beau film d'Ettore Scola : une petite histoire du samedi soir, en quelque sorte... |
Baloches & dancefloors (café musical #15)
Pause musicale avril 2016
Tous les premiers mercredi et samedi du mois à 12h30 à la Médiathèque Valery-Larbaud, un moment de détente pour écouter quelques œuvres d'un répertoire concocté avec passion. L'entrée est libre et gratuite : vous pouvez venir avec votre casse-croûte et le café est offert.
Retour sur les concerts du mercredi 6 et samedi 9 avril : sonates en trio de Vivaldi avec Véronique Dubost (violon), Lucie Droy (épinette) et Emmanuel Garrouste (guitare).
Durant l'été, les pauses musicales s'accordent une petite pause... Merci aux artistes et au public de la saison 2015-2016. Reprise à la rentrée 2016 !
Grave ! le chant des basses (café musical #14)
Pour ce quatorzième café musical, nous avons tendu l'oreille vers les basses fréquences. Tandis que résonnent les cordes de la grande lyre bägänna éthiopienne, grave et intime, les voix tantôt allient chaleur et profondeur (Mozart), tantôt affichent un timbre caverneux et sépulcral (Chostakovitch). Le bourdon de la grande cornemuse bourbonnaise, autrefois célébrée par George Sand, retrouve aujourd'hui une nouvelle jeunesse. Le grondement impétueux des basses de l'orchestre wagnérien fait valoir toute la richesse de sa palette. Et si la virtuosité et le swing des jazzmen apportent comme un démenti à la contrebasse éléphantesque de Saint-Saëns, l'impressionnante technique de chant diphonique des moines bouddhistes de Gyütö (Tibet) semble trouver un écho dans le grain des infra-basses prisées par les musiques électroniques (dub, jungle, drum & bass). Et pour finir, le clin d’œil de l'ami Bobby !
Voodoo rhythm, la Suisse rock'n'roll
| Qui l'eût cru ? Oubliées ses banques, ses rues propres, ses horloges, ou même son chocolat : la Suisse est désormais pour nous le pays du rock'n'roll, grâce au label Voodoo Rhythm. Sur Voodoo Rhythm, maison fondée en 1992, on trouve du cajun de garage, de la country punkoïde, du blues-core et du gospel-trash, du rockabilly de bastringue agrémenté de fanfares bancales : tout un folklore alimenté d'une bonne dose de bruit et de fureur, d'une louche de mauvais goût et d'un généreux zeste d'humour aussi noir que largement provocateur. Soit une belle brochette de doux dingues qui puisent avec ferveur à la veine du rock'n'roll le plus primitif. Au sein de cette horde sauvage on distinguera également un certain nombre de one-man bands -ou comment, guitare en main et couple grosse caisse/charleston aux pieds, faire autant de vacarme à soi tout seul qu'avec une bande de copains. Petit panorama à travers quelques disques disponibles à la médiathèque... |
Le label est toujours tenu de main de maître par son fondateur Beat Zeller (alias Reverend Beat-Man), grand amateur de catch et de blues devant l’Éternel et sur qui l'esprit du punk plane haut : « On ne sait pas jouer, on ne sait pas chanter, on ne sait rien faire (…) On ne répète jamais, c'est vraiment cool : nos concerts sont complètements bordéliques ! » (à propos de son groupe Die Zorros).
Mais attention ! Derrière une indécrottable fidélité aux principes fondamentaux du "do it yourself" se cache en réalité un bricolage de maniaque : aussi enthousiaste qu'exigeant, notre révérend préféré supervise lui-même la production des disques de A à Z, de la qualité du mastering (Voodoo Rhythm édite en CD et en vinyle) jusqu'au visuel des albums, avouant pouvoir être « vraiment très chiant » sur toutes ces questions avec les musiciens. « Je veux obtenir un disque qui déchire tout : tu le mets sur la platine et tout-à-coup tu es transporté ailleurs ».
Rev. Beat-Man en paroles et en actes : « This is not kid music ! »
Cette passion s'accommode parfois difficilement des règles en cours dans l'économie de la musique : « Je tiens un petit label, comme plein d’autres, et il y a les droits d’auteurs : la Sacem, Suisa… Mais je leur versais tellement d’argent – alors que les groupes ne touchaient rien – que j’en ai eu marre et j’ai arrêté de les payer ; je préférais donner l’argent directement aux groupes… »
Solution qui, on s'en doute, n'a que moyennement plu aux sociétés de gestion de droits d'auteur en question.
« Alors j’ai été poursuivi en justice pour 50, 60 millions de dollars, et je ne pouvais pas payer ! J’ai lancé un appel sur Internet : "À l’aide, Voodoo Rhythm Records est menacé de fermeture !" Et des gens, de partout sur la planète, m’ont envoyé de l’argent, ont organisé des concerts dont les bénéfices étaient reversés à Voodoo Rhythm, et au final j’ai pu payer ! C’était dingue. Quand on tient un label, et qu’on est chez soi, devant son écran d’ordinateur, on ne se rend pas compte du nombre de contacts que l’on crée avec les gens qui achètent nos disques. »
Avec l'écurie Voodoo Rhythm, le rock'n'roll a donc encore de beaux jours devant lui. Gage de qualité, toute cette clique est régulièrement invitée au hautement recommandable Binic Folk Blues Festival qui se tient chaque été sur la côte bretonne.
Rendez-vous le premier week-end d'août.
Rendez-vous le premier week-end d'août.
Improvisations à deux pianos
| Une petite série de moments musicaux à deux pianos : un duel endiablé de pianistes tel qu'on peut en voir dans un film consacré au roi du ragtime Scott Joplin, suivi du célèbre duo de boogie-woogie formé par Albert Ammons & Pete Johnson. Vient ensuite Dorothy Donegan sur un étonnant plateau partagé avec Gene Rodgers (chez Cab Calloway) puis le dialogue inspiré de Bill Evans avec un Bob Brookmeyer révélant d'insoupçonnés talents de pianiste (ce dernier étant plus célèbre comme tromboniste). Pour finir, l'improbable rencontre de Serge Gainsbourg et Screamin' Jay Hawkins s'amusant comme des gosses sur "Constipation blues". |
Pépites vinyles (café musical #13)
| Pour ce treizième café musical, les discothécaires sont allés fouiller dans le fonds de disques vinyles pour en ramener trésors et curiosités. Voilà l'occasion de renouer avec quelques grandes figures méconnues et/ou mal réédités (Colette Magny et Marion Williams), d'apprécier les débuts d'un Steve Earle ou les rares témoignages de la génération d'un "loft jazz" resté en marge de l'industrie du disque, ou encore de comparer le rock'n'roll historique des Dogs et la scène clermontoise des années 1980. On redécouvre des labels de référence : ainsi Sono Cairo éditant les classiques de la chanson égyptienne (Oum Kalsoum ou Abdel Halim Hafez), ou la collection INA/GRM présentant les grands noms de la musique électroacoustique (Pierre Schaeffer, Michel Chion, Ivo Malec, etc). Parfois même le hasard permet de dénicher des petites perles : le premier disque fourre-tout d'un Brésilien déjanté, ou une improbable production de Carmen, enregistrée à Pékin et chantée... en chinois ! |
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